Chopin et le jardin de Nohant

Pendant les neuf années de leur liaison de 1838 à 1847, George Sand et Frédéric Chopin passèrent sept étés dans la demeure de la romancière à Nohant (Indre). Il y composa une grande partie de son œuvre pour piano.

Pendant cette période sa créativité est exceptionnelle. Et, il n’est pas exagéré d’écrire que l’écrin magnifique dans lequel il vivait alors, participait d’un enchantement poétique et pianistique.

De sa chambre, il voyait les deux cèdres plantés pour chacun des enfants de George : Maurice et Solange. A leurs pieds, un large bassin où se reflétait la demeure bourgeoise de sa maîtresse. Chopin ne peut échapper ni à la nature qui l’entoure, ni au superbe jardin que Sand a créé. Les parterres fleuris d’où s’élancent des rosiers, les allées sauvageonnes conduisant au verger, les contre-allées arrivant au potager. Le petit bois où bosquets et grands arbres grandissent en harmonie dans les senteurs des fleurs annuelles colorant les ombrages. Chopin est extrêmement sensible, non seulement au charme des lieux, mais à leur tranquillité. Seuls les chants des mésanges, pinsons, pics verts ou épeiches, merles et bouvreuils sonnent à ses oreilles musiciennes.

La quiétude du jardin harmonieusement ordonné par Sand et la proximité d’une superbe nature permettront à Frédéric Chopin de composer dans la paix et le bonheur. Une frénésie de travail l’a gagné grâce à la quiétude de la roseraie : il compose Fantaisies, Berceuses, Ballades, Etudes, Scherzos, Mazurkas, Polonaises. Il est probable que la lumière de Nohant l’ait atteint au plus profond et que son génie créateur en ait été illuminé. Le piano « Pleyel » mis à sa disposition fut un moment très important pour le compositeur. Et de la fenêtre ouverte de sa chambre, s’envolaient les notes de ses œuvres.

Les musicologues nous apprennent que Chopin ne puisa pas son inspiration d’après des œuvres littéraires ni ne répondait à un quelconque état sentimental. Sa musique reste abstraite, épurée, classique, romantique mais jamais romanesque dans ses intentions. George Sand dit de lui dans son  Lucrezia Floriani : «… en musique, comme en littérature, comme dans l’habitude de la vie, tout ce qui rapproche du mélodrame lui était un supplice. Il repoussait le côté furibond et frénétique du romantisme, il ne supportait pas l’ahurissement des effets et des excès délirants…. »

Le jardin de Nohant touchant et inspirant a, sans nul doute, permis à Frédéric Chopin d’exalter sa musique et de nous la transmettre au travers des siècles. Le jardin de Nohant dont Sand disait : « Laissez verdure ».

 

atelier des Trois-Sabots

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