Haïkus

Un haïku… Qu’est-ce que c’est ? Ce n’est pas un cri de guerre, encore moins un cri de douleur, c’est tout simplement le nom d’une forme poétique que les vents, les nuages et le temps ont transportée de son Japon natal vers nos contrées. On attribue son « invention » à Basho, un poète du 17ème siècle.  Le voyage du Japon à l’Europe a pris environ trois siècles.  Au début du 20ème siècle, le haïku est adopté, domestiqué par les écrivains occidentaux, devenant même une véritable mode dans certains cercles poétiques.

Sa forme ? Trois vers. Dix sept syllabes. Premier vers : cinq syllabes. Second vers : sept syllabes. Troisième vers : cinq syllabes. L’impair, l’impair, l’impair, comme si les japonais avaient précédé l’injonction de Verlaine dans son art poétique : « De la musique avant toute chose / Et pour cela préfère l’impair / Plus vague et plus soluble dans l’air / Sans rien en lui qui pèse ou qui pose… »

Initialement, c’est un poème qui chante la nature, les saisons, les insectes, les éléments, les jardins. Il aurait été dommage de ne pas donner une place au haïku dans un journal qui se veut célébration du jardin sous toutes ses formes.

Voici un florilège (étymologiquement un bouquet de fleurs) de haïkus inspirés par Noirlac et ses entours à quelques manieurs de plumes locaux.

 

  Les vitraux

Transparence obscure

De la lumière diffuse

Pures vibrations

 


Dans les hautes herbes

Disparait le jardinier

Le rossignol chante

 

Les tilleuls bourgeonnent

Dans le ciel passent les grues

L’hiver fait retraite

 

Soupir de l’été

Le sang des coquelicots

L’horizon s’embrase

 


  Noirlac des ciels pour les peintres

Le soleil surgit

Poudre rouge de la brume

 Ciel éclaboussé

 

Traînées chiffonnées

Drapés de toutes couleurs

Palette du ciel

 


  Hiver

Le jardin soupire              

Un parfum de neige dure                                                 

Et claire froidure.                                                           

 

Abeilles d’Ouessant

Et fourmis d’ici ont fui

Hiver est bien là.

 

 

  Printemps

Frisson de soie claire

C’est l’averse printanière

Qui lave l’hiver.

 

Appel des oiseaux

Cerf volant du plein soleil

Qui bleuit le jour.

 

Les tilleuls sourient

Un papillon jaune naît

Sur un vitrail blanc.

   

 

  Eté

Couronne sur les

Toit  de tuiles plates c’est

Un bref arc-en-ciel.

 

Les tilleuls sous un

Nuage de canicule

S’endorment, vieillis.

 

  Automne

Le dortoir s’habille

De deuil et les corbeaux trompent

Sa vie solitaire.

 


Accent circonflexe                                           

Lignes noires sur l’azur                       

Message des grues !                                              

 

Au bord du jardin

Trois brins d’herbe et puis s’en vont

Crisse le criquet 

 

Dessus la margelle

L’oiseau sautille et s’envole

Au solstice d’été 

 

Points noirs sur dos rouge

La promesse du bonheur

Oh ! La coccinelle  

   

atelier des Trois-Sabots

 

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