Il est long, il est très lombric

Les lointains ancêtres des lombriciens sont apparus il y a 575 millions d’années.
Leur histoire est donc très ancienne.

La science qui étudie les vers de terre s’appelle la geodrilologie. Bien que ces animaux soient très anciens, on ne les étudie que depuis très peu de temps. Ils sont classés en quatre groupes. Les Endogés vivent en pleine terre dans des galeries horizontales. Les Épigés vivent hors du sol. Les anéciques creusent des galeries verticales, ce sont des animaux de grande taille. Les hydrophiles vivent dans des sols saturés d’eau.

Des laboureurs
Leur rôle est capital ; en effet, ils sont grandement responsables de la fertilité naturelle : ils représentent 120 gr/m2, ce qui équivaut à un bifteck.

Leurs galeries sont précieuses pour la vie car peu d’organismes du sol se consacrent à creuser la terre et même si les taupes, quelques termites et les racines le font c’est de manière moindre que les vers de terre.

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Leur premier prédateur est la taupe mais indirectement car par les vibrations qu’elle génère ils sont prévenus et fuient. En réalité elles ne peuvent collecter que les vers piégés dans leurs terriers.
D’autres prédateurs existent pour qui ils constituent un plat de choix : les bécasses, mouettes, sangliers et blaireaux.
Pour les pêcheurs ce sont des appâts, pour les pisciculteurs, ce sont des aliments premier-âge pour les alevins.
Les lombrics ont une aptitude unique à ingérer, digérer, mélanger et modeler intimement les minéraux avec les produits issus d’organismes vivants.
La rotation de leur cycle d’activité s’opère en plusieurs étapes : ingestion, broyage, brassage, digestion, défécation, ré-ingestion du lombrimix — matière constituée de leurs déjections.

Des bâtisseurs
Observez les crottes terreuses des vers de terre qui salissent vos chaussures dès que vous foulez un gazon bien tondu ; il s’agit de constructions constituées de déjections déposées à l’orifice d’un terrier de lombricien d’environ 4 à 5 cm de haut.

On peut distinguer différentes formes de constructions. Les vernières sont des sortes de tumulus qu’on rencontre dans la mangrove. Il y a les resserres, petites huttes formées de débris organiques, débris collectés autour de l’orifice par le lombricien hôte du terrier. Les cairnets, quant à eux, sont de petites accumulations de pierres et de déjections terreuses qui se constituent à l’orifice des terriers uniquement sur des terrains horticoles.
Certaines galeries sont horizontales proches de la surface du sol. D’autres galeries sont verticales, elles pénètrent profondément le sol. Elles témoignent du travail des anéciques, vers qui peuvent atteindre plus d’un mètre.

Des sauveurs
À cause des labours profonds, de l’érosion et des pesticides, la structure des sols a changé. Le sol progressivement perd sa couche arable, le sous-sol devient compact. Cela empêche les racines de quitter la couche superficielle. La sécheresse s’affirme et les anéciques meurent au champ d’honneur.
On pourrait redonner à la terre sa fonction d’écosystème par l’introduction raisonnée de lombriciens.

En nous ramenant sur terre, voire sous terre, voire sous terre, les vers nous obligent à nous pencher sur nos milieux et sur leur fonctionnement.

 

atelier des Trois-Sabots

Livre Des vers de terre et des hommes, Marcel Bouché, Ed. Actes-Sud 2014

 

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